jeudi 28 août 2014

La délicate question des réseaux pédocriminels (5/5)

 Ecrit le 28 août 2014 à 12:26 par David Berton dans Poing de vue

 
La délicate question des réseaux pédocriminels (1/6)

 
Partie 5 : les magistrats complices et l’institution du vice ?

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Dans chacune des affaires que nous avons évoquées, il y a une récurrence : systématiquement, les magistrats en charge des dossiers ont tout fait pour étouffer les affaires, pour saboter les enquêtes, et pour que les coupables ne soient jamais poursuivis, ou seulement condamnés à de petites peines surtout lorsqu’ils sont haut placés, et notamment lorsqu’il s’agit de leurs confrères.

Entre les peines assorties de sursis et l’avortement d’enquête sur des personnalités dans l’affaire du Coral, le désintérêt pour le travail du gendarme Jambert dans l’affaire des disparues de l’Yonne, ainsi que les manquements dans l’enquête sur son « suicide », le carnet d’adresses mystérieusement disparu dans l’affaire du pavillon d’Appoigny, l’absence d’enquête sur la section française du CRIES, le refus de joindre des témoignages d’enfants pourtant concordants dans l’affaire de la secte pédocriminelle parisienne, et le non-lieu qui en a suivi, comme pour l’affaire des CD-Rom de Zandvoort… tout cela soulève bien des interrogations.
Et ces interrogations, l’ONU elle-même se les posera.
 En 2002, à la suite du scandale de Zandvoort, la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU charge Juan-Miguel Petit, en sa qualité de Rapporteur spécial, d’enquêter sur les trafics d’enfants et réseaux pédophiles sévissant en France.
 Son rapport est pour le moins accablant (28).
Dans un premier temps, au paragraphe 10, Petit nous rappelle la manière dont l’absence de contrôle de l’immigration et l’ouverture totale des frontières facilitent ces trafics :
« Les femmes et les jeunes filles d’Europe orientale sont souvent amenées de force en France par des réseaux organisés qui les abusent par divers moyens, soit qu’ils leur promettent des emplois respectables et bien payés, soit que certains de leurs membres nouent des relations amoureuses avec elles, les rendant ainsi dépendantes d’eux et plus faciles à manipuler.
 Lorsque la jeune fille est en France, les réseaux n’hésitent pas à menacer les membres de sa famille restés au pays pour s’assurer qu’elle obéira aux ordres et se prostituera.
 Les jeunes roumains qui se prostituent en France y sont venus à l’origine de leur propre gré, ou sur l’ordre de réseau, pour voler l’argent des parcmètres.

Mais pendant le mois d’août, le parking est gratuit et les garçons doivent trouver d’autres moyens de survivre.
 Depuis 2000, les citoyens roumains n’ont plus besoin de visa pour venir en France, et il est donc plus facile aux femmes et aux enfants de s’y rendre ou aux trafiquants de les y faire entrer illicitement. »

Aux paragraphes 33 et 34 du rapport, on apprend que la Division nationale de la police chargée de la répression des atteintes aux personnes et aux biens « avait découvert l’existence de liens très étroits entre des individus impliqués dans la pornographie et, dans certains cas, des membres du corps judiciaire » et que la Brigade des mineurs « a reconnu que nombre d’adultes sur lesquels elle avait enquêté pour possession et distribution d’images pornographiques avaient des relations sociales très influentes. »
Après avoir évoqué plusieurs cas d’enfants ayant affirmé avoir été victimes d’abus sexuels de la part de leur père, sans pourtant être, malgré la confirmation de la véracité desdits témoignages par des médecins et psychiatres spécialisés, crus par la justice, qui systématiquement préféra poursuivre les mères, le Rapporteur spécial, au paragraphe 49, reconnaît que « les similitudes entre de nombreuses allégations qui lui ont été présentées suscitent chez lui des préoccupations persistantes quant à la manière dont de telles situations sont traitées par la justice française. »
 Et alors que le Gouvernement français avait souligné que ces cas apparaissaient toujours lors de procédures de divorce, ce qui ferait peser un doute sur leur crédibilité, Juan-Miguel Petit souligne, au paragraphe 51, que « Dans au moins plusieurs cas qui ont été présenté au Rapporteur spécial, un examen particulièrement approfondi de certaines des raisons pour lesquelles les parents divorçaient a révélé l’existence d’abus systématiques au sein de la famille, y compris des violences contre la mère. En conséquence, peut-être serait-il plus exact d’envisager la question des abus sexuels sur l’enfant comme étant l’une des raisons, sinon la principale raison du divorce. »

 Et le paragraphe qui suit est lui aussi très accablant pour les magistrats français :
« Dans plusieurs cas qui ont été communiqués au Rapporteur spécial, il a été signalé que les individus accusés de commettre des abus étaient étroitement liés à des membres de l’appareil judiciaire ou à des individus occupant de hautes fonctions dans l’administration publique, qui étaient en mesure d’influencer l’issue des procédures à leur détriment, argument qui avait été également formulé par la Division nationale pour la répression des atteintes aux personnes et aux biens. »

Cette accusation est réitérée à la fin du rapport, au paragraphe 81 :
« de nombreuses personnes ayant une responsabilité dans la protection des droits de l’enfant, en particulier dans le système judiciaire, continuent de nier l’existence et l’ampleur de ce phénomène et sont incapables d’admettre que nombre d’allégations d’abus sexuels puissent être vraies, accusant les personnes formulant de pareilles allégations d’avoir des arrière-pensées politiques.
 Certaines mères, ONG et autres parties concernées sont quant à elles certes très promptes à imputer l’incapacité de certains éléments de l’appareil judiciaire à les aider au fait que ces éléments seraient eux-mêmes impliqués dans des réseaux pédophiles. »
En guise de conclusion, le Rapporteur Petit préconise la création d’un organe indépendant pour évaluer les manques de la justice française.
 Inutile de dire que douze ans plus tard, rien de cela n’a été fait en ce sens.
Quelques mois à peine après la rédaction de ce rapport, la justice française prononçait un non-lieu dans l’affaire des CD-ROM de Zandvoort, dont celui-ci faisait pourtant grandement mention, en particulier en ce que le Gouvernement français s’était refusé à remettre les copies des CD à Interpol.

Bref, dans toutes ces affaires pourtant gravissimes, la justice française a montré aux yeux de tous, y compris de l’ONU, qu’elle avait trop souvent coutume de fermer les siens.
Pire, certains de ses membres y sont directement impliqués.
 C’est ainsi que le juge Roche, qui avait enquêté sur l’affaire Patrice Alègre, mourut mystérieusement peu après avoir confié à ses enfants qu’il avait participé, ainsi que d’autres magistrats, des politiques, des policiers haut gradés et des financiers, à des tortures et sacrifices rituels dans la région Toulousaine, où sur seulement quelques décennies près de 200 disparitions d’enfants comme d’adultes restent inexpliquées (29).

Tant la manière dont Marine Le Pen fut médiatiquement lynchée après avoir rappelé, lorsque celui-ci fut nommé ministre, l’aveu d’une attirance sexuelle pour les jeunes garçons faite dans son autobiographie par Frédéric Mitterrand, que le soutien que ce dernier et tant d’autres ont publiquement affiché pour Roman Polanski démontrent le tabou que ce sujet constitue, et la protection dont les mieux placés qui baignent dans ces réseaux criminels bénéficient.
Comme toute affaire lucrative, le trafic d’enfants attire les organisations criminelles.
Ce trafic répond à une logique marchande, aux besoins d’un marché précis, certes éminemment occulte : la demande de garçons et de filles, parfois des nourrissons, pour assouvir les envies abominables de véritables criminels.
Ce marché à la faim inextinguible de jeunes enfants est un acteur productif des « snuff movies ».
 Cette monstruosité, difficilement acceptable pour le commun des mortels, est une réalité dont la nécessité d’affronter l’horreur devrait tous nous submerger !

 L’urgence de la situation est telle que le rapt de nos enfants devrait être une cause nationale !
Pourquoi les institutions et plus largement les pouvoirs publics refusent-ils d’affronter cette ignominie ?
Pourquoi refusent-ils de reconnaître l’existence de tels réseaux et se bornent-ils à ne s’attaquer qu’aux pédomanes solitaires plutôt qu’aux mafias ?

 La réalité est que ces mafias vendent des vices que de nombreux « serviteurs de l’Etat », magistrats, politiques, célébrités et autres personnalités apprécient largement…

Il est temps d’agir et cela débute par la prise de conscience !

Notes :

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