jeudi 31 juillet 2014

Conflit israélo-palestinien / Ukraine : les « irresponsables » au pouvoir…


apprenti-sorcier


Le 30 juillet 2014

   
« Les Irresponsables » : ainsi pourrait-on appeler aujourd’hui ceux qui sont censés diriger un monde dont les complications et les mystères les dépassent.

Une prison à ciel ouvert…
 Et ce qui se passe à Gaza depuis trois semaines n’est pas, en effet, sans évoquer ce que peut être une mutinerie dans une prison dont les détenus, estimant qu’ils n’ont plus rien à perdre, ne tiennent pas particulièrement à la vie, pas plus la leur que celle des autres.
Face aux désordres et aux excès inhérents à ce genre de soulèvement, les autorités pénitentiaires ont le choix entre deux politiques : s’interroger sur ses origines, ses motifs et ses revendications, se demander s’il n’a pas quelques justifications et, dans ce cas, rendre les conditions de la détention plus humaine, ou taper, voire tirer dans le tas.
C’est cette dernière voie qu’emprunte délibérément le gouvernement de M. Netanyahou, que l’opinion israélienne, surexcitée par des démagogues et exaspérée par les pertes subies, ne se contente pas de soutenir mais somme d’aller plus loin, toujours plus loin.
 Jusqu’où, jusqu’à quand et pour quels résultats ?
Discrédité, affaibli, ruiné, en perte de vitesse et d’influence, le Hamas était réduit, il y a un mois à peine, à faire alliance avec le Fatah et à reconnaître la prééminence de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.
 C’est ce que n’ont pas supporté les faucons israéliens.
 Ils ont eu gain de cause, comme d’habitude et, comme il était prévisible, la répression sanglante menée par Tsahal a rejeté les habitants de Gaza dans les bras du Hamas.
 Ce n’est pas à leurs propres dirigeants qu’ils en veulent, figurez-vous, mais à l’armée étrangère qui occupe leur territoire, détruit leurs maisons, accumule les ruines et tue leurs enfants.

 Rien qui n’ait été observé dans ce genre de situation de tous temps et sous tous les cieux.
L’étonnant est l’inertie de la communauté internationale face au drame qui se joue sous ses yeux.
Ni l’ONU ni le Conseil de sécurité ni les États-Unis, alliés et protecteurs d’Israël, ni l’Union européenne ne lèvent le petit doigt pour arrêter l’État hébreu sur la pente fatale qu’il suit depuis des années, ne lui rappellent qu’à semer la mort on ne récolte que la haine, ni ne lui imposent une médiation qui remettrait deux peuples ennemis et pourtant à tant d’égards si proches sur la voie de la réconciliation et de la paix.
À croire que les exemples d’Al-Qaïda et de l’État islamique en Irak et au Levant n’ont servi de leçon à personne et qu’il faut tout faire pour que la contagion du djihad et de la bestialité étende encore son empire.

Autre front, autre erreur de diagnostic et de politique.
À quoi joue l’Union européenne, docile caniche d’un maître américain qui, en plein réchauffement climatique, ressuscite les comportements et les affrontements de la guerre froide ?
 Au nom de quel partage anachronique et manichéen du monde entre gentils et méchants traitons-nous la Russie comme une quantité négligeable et la punissons-nous comme un enfant rebelle ?
 Quel intérêt avons-nous à réduire nos échanges avec ce grand pays, à humilier ses dirigeants, à couper les crédits, les investissements, à casser les contrats, à détériorer les relations entre une économie russe en difficulté et une zone européenne en crise, à tenter de l’asphyxier au risque de manquer d’air, à multiplier les manifestations d’hostilité envers Moscou comme si cela ne devait entraîner aucune conséquence fâcheuse ?
Pourquoi, plutôt que d’amener l’Ukraine et la Russie à accepter un cessez-le-feu qui permettrait aux populations concernées de choisir librement et calmement leur destin, encourageons-nous le gouvernement de Kiev à jouer un jeu dangereux et à écraser les « séparatistes », plus faibles que l’armée ukrainienne, au nez et à la barbe d’une puissance qui ne ferait qu’une bouchée de celle-ci ?
Est-il indispensable de fournir à Vladimir Poutine, soutenu par une opinion russe chauffée à blanc, le prétexte d’une intervention armée ouverte et massive qui, pour le coup, mettrait réellement en danger la paix sur notre continent, pour commencer ?

Le moment est-il bien choisi d’ajouter la guerre à la guerre et de se faire un ennemi d’un homme et d’un État que la plus élémentaire sagesse nous recommande de ménager et qui, dans la conjoncture actuelle, peut redevenir le plus précieux des alliés ?
 Mais peut-être les dirigeants actuels de l’Occident ne connaissent-ils pas mieux la carte du monde que nos gouvernants celle des régions et n’ont-ils jamais entendu prononcer les mots « politique étrangère » ou « diplomatie ».

« Les Somnambules » : ainsi l’historien Christopher Clark désigne-t-il les hommes d’État qui, en 1914, les yeux grand ouverts et pourtant aveugles à tout conduisirent l’Europe au désastre.

« Les Irresponsables » : ainsi pourrait-on appeler aujourd’hui ceux qui sont censés diriger un monde dont les complications et les mystères les dépassent.

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