vendredi 30 mai 2014

Médoc : traqué par les proches de sa victime, il se réfugie à la gendarmerie.

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Médoc : traqué par les proches de sa victime, il se réfugie à la gendarmerie
Mercredi soir, au moins trois coups de feu ont été tirés devant la gendarmerie. © Photo
Photo J. L.
 
Mercredi soir, après une traque en plein centre-ville de Pauillac, un homme mis en examen pour coups mortels a dû trouver refuge dans la brigade de gendarmerie
 
Mercredi soir, vers 21 heures, devant la salle de prière des musulmans de Pauillac, située juste à côté de la gare SCNF, c'est une scène de panique qui s'est déroulée.
 « Plusieurs femmes sont arrivées en courant. Elles étaient terrorisées. Nous les avons aidées à se réfugier dans le hall d'un des immeubles. » Marie-Yvonne Berard, une habitante du quartier Canteranne, la cité voisine de cette salle de prière, évoque aussi des détonations en plein centre-ville.

Un témoin plus proche de la scène dit avoir vu « une voiture s'arrêter soudainement devant le lieu de culte. Plusieurs hommes étaient à bord. Ils étaient armés de battes de baseball et d'un fusil de chasse », raconte-t-il.
 Le groupe serait venu régler des comptes avec un jeune du quartier, tout juste sorti de prison.
Sa famille d'origine marocaine avait décidé d'organiser un repas pour le recevoir.
 Sous contrôle judiciaire, l'individu en question venait de passer quatre mois en détention provisoire dans le cadre d'un dossier de violence en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Christopher Arénas, un jeune de de 24 ans issu de la communauté des gens du voyage, père de quatre enfants, était décédé le 11 janvier dernier après une soirée entre « amis » qui avait mal tourné.
Au final, après une traque commencée devant la salle de prière et qui s'est terminée dans l'enceinte de la gendarmerie, le mis en examen a sans doute évité le pire mercredi soir.
Ses poursuivants n'ont pas hésité à tirer au moins trois coups de feu en l'air devant la brigade de Pauillac.
Des douilles ont été retrouvées sur place.
 La poursuite aurait été menée par des proches de Christopher Arénas.
« Sincèrement, je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Mais il y a un minimum de respect à avoir. L'affaire n'est pas encore jugée. Et l'on voit cette personne impliquée dans la mort de notre ami parader en ville. On lui organise même une fête ! Il aurait dû faire profil bas. C'était la moindre des choses. Et surtout ne pas revenir à Pauillac aussi vite. Que fait la justice dans cette affaire ? », s'indigne un représentant de la communauté des gens du voyage.

Du côté de la famille d'origine marocaine, tous sont encore sous le choc de ce qui est arrivé mercredi soir.
 « Entre nous et les gens du voyage, tout se passait très bien. Nous nous connaissons. Il n'y avait pas de problème. Ce que l'on demande aujourd'hui, c'est que l'on laisse la justice faire son travail. Elle doit aller au bout. C'est la seule solution pour en finir avec cette histoire », disent-ils.

Un habitué de la salle de prière de Pauillac reconnaît qu'il y a certainement eu maladresse.
Il espère que le calme va maintenant revenir.
 « Notre lieu de culte est sacré », poursuit-il.

Hier, dans ce contexte tendu, les gendarmes précisaient que « les patrouilles [allaient] être multipliées et que le jeune qui [venait] d'être libéré a finalement été éloigné de Pauillac.
 Ce qui devrait permettre d'apaiser les tensions ».
 Sur le plan politique, une réaction n'a pas tardé.
 Dès mercredi soir, dans un communiqué, Grégoire de Fournas, le délégué du Front national à Pauillac, dénonçait « le communautarisme provoqué par l'immigration de masse et totalement incontrôlée ».
 Et le représentant du FN d'appeler « à une augmentation du nombre de gendarmes dans la ville ».

Florent Fatin, le nouveau maire centriste de Pauillac, se voulait rassurant sur la situation.
 
« Mercredi, juste après les faits, le calme est rapidement revenu. Tout le monde est rentré chez soi », a-t-il déclaré, avant de poursuivre : « Les effectifs de police municipale ont aussi été renforcés ».
 
 Pour lui, même s'il entend « ne pas minimiser les faits », « il n'y a pas lieu d'opposer ces deux communautés ».
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