samedi 24 mai 2014

Marre de la dèche et du système D !


Pauvreté


Le 23 mai 2014

   
Témoignage d’un soldat français.

J’entends le désarroi de notre ministre de la Défense et nos chefs d’état-major sur le budget des armées.
 Je les comprends.
Nos armées, en particulier notre armée de terre, n’en peuvent plus.
La grande muette a souvent envie de sortir de son silence et dire tout haut ce qu’elle pense tout bas.
Pour être honnête, l’armée de terre en ce moment, c’est vraiment la dèche et même la déchéance.
On fait avec les moyens du bord.
Notre métier de base, c’est d’être des soldats aguerris entraînés…
Que nous offre-t-on ? Des FAMAS hors d’âge, des pistolets automatiques (PA) hors d’usage, des P4 (qui ont succédé aux Jeep Willys) brinquebalantes, des Transall totalisant des centaines de milliers d’heures de vol.
Certains ont même dépassé le million d’heures !
Quand on va s’entraîner sur les champs de tir, il n’est pas rare qu’un FAMAS sur deux soit inopérant et que 6 ou 7 PA sur 10 ne fonctionnent pas.
Et il faudrait partir avec ces armes au Mali, au Liban, en RCA ou ailleurs ?
Comment maintenir la sécurité d’un territoire avec des armes qui peuvent lâcher à tout moment.

Bien sûr, certains matériels se sont améliorés par rapport à « l’armée de papa »
 Heureusement, nous en avons terminé avec les brêlages en cuir, les guêtres (pas pour toutes les armées…).
C’était il y a 40 ans.
Mais quand le soldat français se retrouve sur un théâtre avec des compagnons d’armes venus d’autres pays, la différence est flagrante.
L’expression populaire veut que le soldat français, connu pour le système D, arrive avec sa « b..e et son couteau ».
 Elle prend alors toute son expression.
 En « multinational », les unités étrangères disposent d’un soutien de l’homme efficace : armes de dernier cri et très performantes, machines à café et machines réfrigérées (souvent gratuites), cartes de téléphones et Internet gratuits (les Français paient les leurs).
Est-il normal que le soldat français partant en OPEX (opérations extérieures) dépense environ 750 à 1.000 euros de sa poche, avant son départ, pour améliorer son futur ordinaire ?
Est-il normal qu’il ne dispose pas, sur les théâtres, de tous les moyens nécessaires pour conduire ses missions ?
On en arrive à mettre des gilets pare-balles sur des véhicules non blindés !
Que dire du taux d’attrition des matériels qui est édifiant : environ 30 % sont défectueux.
 Pas de budget, pas de main-d’œuvre, pas de renouvellement rendent vite une armée inefficace.
 Il faut alors compter sur le moral des troupes.
Mais celui-ci est aussi entamé par la pénurie et l’impéritie financière.
 L’instauration du système Louvois (paiement des soldes) a pesé sur les finances des familles militaires, certaines n’ont pas été payées pendant des mois, entraînant des conséquences parfois désastreuses.
 Il manque de l’argent pour nous entraîner.
Combien de missions, d’exercices ou de séances de tir annulés au dernier moment, surtout en fin d’année quand les budgets sont à sec…

Comprenez-vous pourquoi certains soldats, malgré l’amour qu’ils portent à leur pays, à leur patrie et à leur métier, démissionnent ou ne renouvellent pas leur contrat ?

 Oui, c’est une autre conséquence de la gestion chaotique de nos armées : le taux d’attrition, là aussi, est élevé.
 Un contrat sur quatre signé dans l’armée de terre se termine par une rupture au bout d’un an et neuf ruptures sur dix sont le fait du militaire, pas de l’institution elle-même.

Ce qui traduit un vrai ras-le-bol !

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