mercredi 29 janvier 2014

Pourquoi Michel Sapin devrait démissionner .




 
L’inébranlable doctrinaire, jongleur de mots creux, prend les Français pour des imbéciles.
La France est "à deux doigts" d’inverser la courbe du chômage, a encore tenté de laisser croire le ministre du Travail, mardi, en se montrant incapable d’admettre clairement l’échec de la politique des emplois aidés qu’il a mise en œuvre pour répondre à la promesse solennelle de François Hollande.
Si le chef de l‘Etat a au moins reconnu, hier, ne pas avoir "réussi dans l’année 2013 à faire diminuer le chômage", son ministre finaude en avançant le ralentissement de la hausse, la stabilisation en cours, l’inversion en bout de course.
Pourtant, comme dirait Hollande quand il s’auto-congratule, "les faits sont là" : le chômage a augmenté de 5,7% en 2013.
La France compte près de 5,2 millions de demandeurs d’emploi, outre mer incluse.
La mère des batailles, que Sapin plus que d’autres jurait gagner, a été perdue.
Elle était ingagnable dans une économie sans tonus.
Ce sont désormais les entreprises, mises à plat par une surcharge de prélèvements, qui sont appelées à l’aide par un pouvoir qui vient de se rendre compte que "s’il n’y a pas de croissance forte il n’y aura pas de diminution du chômage" (Hollande).
Dans une entreprise normale, un fiasco d’une telle gravité, fruit d’une incompétence, d’une morgue et d’un abus de confiance, serait sanctionné par un licenciement.
Aussi, quand Jean-François Copé redit, ce mercredi au nom de l’UMP, que la démission de Sapin serait "la moindre des choses", il est tentant de lui donner raison.
Il n’en sera rien, bien sûr : le ministre du Travail continuera à jouer son rôle de brillant apparatchik dévoué à son président, qui est bien le premier responsable de cette déroute.
D’ailleurs, la droite n’est pas la mieux placée pour donner des leçons de bonne conduite : elle n’a jamais rien fait non plus pour réformer le marché du travail et redonner de l’air aux entrepreneurs.

Comme l’écrit Jean de Kervasdoué (1) : "Les Français ont été battus à Azincourt par les Anglais en plus petit nombre parce que ceux-ci étaient mobiles alors que leurs adversaires étaient engoncés dans leurs armures.

Nous le sommes aujourd’hui dans les trois mille pages du code du travail, les quatre cent mille règlements et la bien-pensance qui fait croire à nos concitoyens que l’Etat va pouvoir toujours les protéger de tous les aléas (…)".

C’est un ancien socialiste qui l’écrit.

L'UMP ferait bien de l’écouter.

(1) Ils ont perdu la raison, Robert Laffont

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