jeudi 30 janvier 2014

22h de garde à vue, cela vous met un journaliste en colère.

 

Un journaliste indépendant, sans carte de presse, est venu faire son travail lors de la manifestation du Jour de Colère. Ce journaliste a été embarqué et détenu pendant 22h par la police de Manuel Gaz. Extrait du témoignage :
"Légalement, la notification du procès-verbal et de nos droits doit se faire sans délai.
Notre interpellation s’est officiellement tenue à 19h15, et c’est à 1h34 que je refuse de signer un papier m’accusant d’avoir participé à un attroupement armé et d’avoir commis des violences à l’encontre d’un dépositaire de l’autorité.
Après notre audition, nous retournons quelques heures sur le béton.
On nous propose deux fois quinze gobelets d’eau tiède (pour 250 personnes environ).
 Manifestants comme journalistes, nous aurions aimé des couvertures…
Tout en testant les limites de notre patience, nous nous demandons s’il est légal pour les policiers de traîner négligemment un jeune militant évanoui, en pleine crise d’hypothermie.
 N’y a-t-il pas une loi punissant la non-assistance à personne en danger ?
 De même qu’une loi concernant les droits spécifiques des mineurs présents ?
Nous avons demandé à l’un de nos gardes, mais il n’avait pas l’air informé. [...]
Toujours sans explication, nous nous retrouvons disséminés dans tous les commissariats de la région parisienne et intégrons enfin une cellule.
 Si elle sent l’urine, elle est au moins chauffée.
 Notre présence ne réjouit pas les agents ; ils marmonnent qu’ils ont besoin de leurs cellules pour y placer de véritables criminels…
Un officier de police judiciaire nous auditionne de nouveau vers 9 heures du matin.
Nous lui faisons remarquer trois vices de procédure :

sans preuve que nous ayons commis un délit, notre mise en arrêt est arbitraire ;
le temps imparti pour l’annonce de nos droits n’est pas respecté ;
les conditions de notre garde à vue des sept premières heures défient plusieurs droits fondamentaux.

Il les reconnaît bien volontiers.
Nous imaginons donc que nous devrions sortir vers midi, toutes charges abandonnées.
 Mais le procureur de la République a jugé bon de nous garder plus longtemps.
 Nous sortirons finalement à 16 heures.
 Les poursuites sont abandonnées faute de preuves, mais les vices de procédure ont mystérieusement disparu du dossier.
Les archives de la police garderont donc trace de notre venue. [...]"

Michel Janva

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