mercredi 25 décembre 2013

Le cacatoès et la guenon : quand la ménagerie de l’Assemblée s’écharpe.


le_perchoir

Le 25 décembre 2013
   


La morale est détenue par la gauche. C’est comme ça, il n’y a rien à y faire. C’est elle qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal.

Ce n’est pas le titre d’une fable de La Fontaine que l’on aurait découverte sur les rayons de la Bibliothèque nationale.
 Ce serait plutôt le titre d’un conte surréaliste qui se déroule dans ce vieux pays de France (dépêchons-nous d’user de cette expression quelque peu désuète avant qu’elle ne tombe sous le coup de la loi).

Lors de la séance des questions au gouvernement, le 18 décembre dernier, un brave député UMP a osé interpeller Nos Excellences au sujet de la mirobolante idée de « déconjugaliser » la fiscalité.
 Non seulement le doux et très élégant M. Cazeneuve n’a pas répondu à la question (on ne sait toujours pas si cette folie restera à l’état d’idée saugrenue ou se transformera en nouveau cauchemar pour les ménages) mais, en plus, il s’est permis de traiter l’opposition de « cacatoès » dans une hargneuse envolée.
 
 
 Le cacatoès, si vous ne le savez pas, est un oiseau de la famille des perroquets.
 Son cri s’appelle le craquettement, figurez-vous.
 Ainsi donc, l’UMP craquette ; il me semblait que c’était plus grave que cela et qu’elle craquait carrément !
 Nous en sommes fort aises, comme dirait notre fabuliste. Mais là n’est pas le problème.

Qu’un ministre, sous les yeux même pas médusés de celui qui fait la roue au perchoir, compare un député à un animal, cela ne soulève pas plus d’indignation que cela.
 Sans doute les cacatoès UMP avaient-ils hâte de s’envoler vers leur circonscription pour craqueter du haut de leur sapin de Noël. Peut-être aussi que ces cacatoès ont une mémoire de poisson rouge.

En effet, quelques semaines avant – souvenez-vous –, un journal satirique avait très bêtement comparé l’Excellence des Excellences du moment à une guenon.
 L’occasion était trop belle alors pour que la nation tout entière (je veux dire celle qui tient dans un théâtre bobo) se lève en poussant des cris d’orfraie.
 L’icône de la bobotie s’était sentie comme exclue de la communauté des humains, pas moins. La réaction fut unanime et magnifique.
 La madone du mariage pour tous était bonne pour accéder subito au Panthéon, cela n’allait pas faire un pli.
Bref, ce fut l’occasion d’un beau et grand moment de notre histoire, tel que l’on voudrait en voir plus souvent.
On vit même quelques belles âmes de l’opposition apporter leur voix à ce concert aussi beau et émouvant qu’un chant d’oiseaux au premier jour du monde.

La morale de ces deux incidents, bien mineurs si l’on pense aux millions de Français qui souffrent aujourd’hui et qui, faute de grives, mangeront des merles à Noël, c’est que la morale est détenue par la gauche.
 C’est un fait, c’est comme ça, il n’y a rien à y faire.
 
C’est elle qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal. Voilà. Il y une autre morale aussi : il n’y a rien à attendre d’une UMP et de ses acolytes (UDI et tutti quanti) qui subissent sans broncher (voire avec complaisance) cette inquisition des temps modernes.
 
 Il est temps que le coq gaulois remette de l’ordre dans la basse-cour.

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