mardi 17 décembre 2013

Euro : le changement d’avis d’un prix Nobel* d’économie .




L’Europe, victime de l’euro

 Il y a six mois,
j’avais fait un papier pour recenser les prix Nobel* d’économie critiques de la monnaie unique.

 J’en avais recensé huit et un commentateur avait ajouté Hayek, lauréat en 1974. Christopher Pissarides, qui a été distingué en 2010, revient sur les raisons de son changement d’opinion.
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C’est le message qu’a délivré jeudi Christopher Pissarides, professeur à la prestigieuse London School of Economics.
 De manière intéressante, contrairement à Paul Krugman et Joseph Stiglitz, sceptiques de la première heure, l’économiste a affirmé que « à l’époque, l’euro semblait être une bonne idée. Mais cela s’est retourné (contre ses créateurs). Cela pénalise la croissance et la création d’emplois et divise l’Europe. La situation actuelle est intenable  ».
Il a appelé à un démontage ordonné de la monnaie unique ou à des mesures destinées à promouvoir la croissance et l’emploi.

 
L’économiste a dénoncé « une génération perdue de jeunes gens éduqués  » du fait de la monnaie unique.
 Il avait déjà soutenu en juin dernier que « si l’Espagne veut se sauver, elle doit revenir à la peseta  ».
Dans Atlantico, Nicolas Goetzmann revient sur la prise de parole de Christopher Pissarides et souligne également que les années de crise éloignent de plus en plus les peuples de cette mauvaise européenne.
Aujourd’hui, il n’y a plus que 45% des peuples européens qui sont favorables à l’Union Européenne (contre 60% en 2012), ce qui promet de très bons résultats pour les partis qui lui sont opposés.

Le démontage de l’euro : la seule politique raisonnable
 
Mais ce qui est encore plus intéressant ici, c’est de rappeler à quel point le débat est biaisé dans la plupart des médias.
 S’opposer à la monnaie unique est souvent caricaturé comme un réflexe nationaliste, d’arrière-garde, du passé, qui serait totalement déraisonnable.
 Les bataillons de moins en moins fournis de ses défenseurs promettent toutes sortes de malheurs qui ressemblent aux sept plaies d’Egypte, comme ils le faisaient en 2010 quand nous évoquions cette issue pour la Grèce.

 Mais le temps a parlé : c’est le fait de maintenir la monnaie unique qui provoque une catastrophe.

Car toutes les horreurs qu’ils annonçaient se sont passées en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande, ou à Chypre.
 Comment imaginer décemment aujourd’hui que ces pays se porteraient plus mal s’ils étaient sortis de l’euro ?
 Et plus le temps passe, plus les preuves s’accumulent, plus les économistes renommés deviennent critiques à l’égard de cette expérience hasardeuse et artificielle de l’unification monétaire de la zone euro.
 Mais plus nos dirigeants européens refusent de regarder la réalité en face, préférant torturer les peuples pour essayer de sauver le veau d’or auquel ils ont lié leur destin.
 
Aujourd’hui, il n’y a qu’une politique raisonnable : démonter la monnaie unique, revenir à des monnaies nationales et, si possible, garder l’euro comme monnaie commune, de réserve et éventuellement d’échange.

 Ce sont les défenseurs de la monnaie unique qui sont déraisonnables, comme le montre la réalité.
 
* : prix de la banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, seul « prix Nobel » qui ne vient pas du testament de ce dernier, mais qui est décerné selon les mêmes règles

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