mercredi 27 novembre 2013

Emblématique de l’ultra gauche : Dekhar fils spirituel de Rouillan .

mardi 26 novembre 2013 11:12

Emblématique de l’ultra gauche : Dekhar fils spirituel de Rouillan

 Arabe et de gauche ! La désillusion a été grande pour la presse de gauche quand elle a découvert l’identité du « tireur fou » de « Libération ».
Il n’aurait plus manqué qu’il soit « sans papiers » et homosexuel et c’était le suicide collectif assuré !
Coup de pot : il serait fou.
 Ni plus ni moins que ceux, et ils sont nombreux, qui professent la même idéologie que lui.
À commencer par Jean-Marc Rouillan l’ancien chef d’Action directe, toujours actif !

S’il n’avait failli y avoir mort d’homme, on aurait (encore) l’humour lourd. Bien gras. Le genre franchouillard.
Du style : « Vu comme c’était du travail d’arabe, faut pas s’étonner que c’en soit un » (pour mettre tout le monde à l’aise, sachez qu’aux Pays-Bas, « travail d’arabe » se traduit par « à la française »). En 2012, le « tueur de Montauban » avait été décrit comme ayant les « yeux clairs » ; Mohamed Merah avait dû en être vexé.
Cette fois, le « tireur fou » était « de type caucasien », formule utilisée dans les services de police lorsque le suspect est « de type européen ».
 On sentait déjà les frétillements.
 Anders Breivik avait fait un émule en France. Caramba et zut de flûte, encore raté !

La Sûreté algérienne appelée à l’aide !

Le furieux s’appelle Abdelhakim Dekhar et est, selon la formule consacrée, « bien connu des services de police ».
 En 1994, il a fourni l’arme originelle de l’affaire Rey-Maupin qui s’est soldée, excusez du peu, par quatre morts (cinq si on compte Audry Maupin) : trois policiers (Thierry Maymard, trente ans, marié, deux enfants, Laurent Gérard, vingt-cinq ans, en couple) et Guy Jacob, trente-sept ans, marié, deux enfants) et un chauffeur de taxi (Amadou Diallo, 49 ans, marié, cinq enfants).
 Il est bon, parfois, de rendre hommage aux victi­mes.
Et ce Franco-Algérien est de gau­che, mais alors tout ce qu’il y a à gauche.
 Tendance libertaire (soit, pour faire court, anarchiste, même si c’est un peu plus compliqué que ça).

Ancien des Scalp, les Sections carrément anti-Le Pen.
 Un pur produit de l’ultra gauche, comme… « Libé » (du moins à ses origines ; aujourd’hui, avec Rothschild dans le capital, on tire moins à vue sur la bourgeoisie…).

Lorsqu’il est sorti de prison, en 1998, il avait trente-trois ans.
Aujourd’hui donc, il en a quarante-huit.
 Pour l’« erreur de jeunesse », c’est tout aussi raté.
 La France surveille tellement peu ses activistes d’ultra gauche que, ne sachant pas trop ce qu’il a pu faire durant ces quinze années, hormis quelques va­gues traces au Royaume-Uni, elle vient de faire une demande d’entrai­de… à la Sûreté algérienne !
 La France voudrait des renseignements précis sur les derniers séjours qu’il a effectués dans le pays ainsi que sur « les appels téléphoniques qu’il avait effectués vers l’Algérie et la Tunisie pendant les jours qui ont précédé son arrestation » !
Dans les lettres qu’il a laissées, Abdelhakim Dekhar explique son tir aux pigeons dans Paris (d’abord une intrusion armée dans les locaux de BFM TV, puis un tir destiné à tuer dans l’en­trée de « Libération », enfin des coups de feu contre le siège de la Société générale) par la nécessité de lutter contre « un complot qui viserait à faire revenir le fascisme », complot dont seraient partie prenante la bourgeoisie et les « médias qui participent à la manipulation des masses » (les « journalistes étant payés pour faire avaler aux citoyens le mensonge à la petite cuillère »), les banques et, plus globalement, le capitalisme.
Le procureur de la République de Paris, François Molins, a parlé de « rai­­sonnement confus ».
En d’autres termes : Abdelhakim Dekhar a perdu la raison, il « dépirotte » comme on dit en Normandie, ce n’est donc pas la peine de s’appesantir sur ses propos et d’y voir une quelconque connotation idéologique.
Justement si.
 Comme le dit Benoît Rayski, qui fut journaliste à « L’Evément du jeudi », à « Globe » ou encore au « Matin de Paris », « ils sont des milliers à penser et à parler comme lui. Et pas des pauvres Arabes sans domicile fixe.
Non, des hommes politiques, des militants et des intellectuels ayant pignon sur rue […] Leur pensée est paranoïaque. Aussi paranoïaque que l’est Abdelhakim Dekhar. Alors bien sûr ils se récrieront qu’ils n’ont rien, strictement rien à voir avec un déséquilibré, un fou, un tordu.
 A côté de lui ils font effectivement bon chic bon genre.
 Et ce serait leur faire beaucoup de peine que de les obliger à se regarder dans le miroir qui leur renvoie leur propre image, cer­tes un peu déformée, sous les traits d’Abdelhakim Dekhar… »

La même pensée révolutionnaire que Jean-Marc Rouillan

Pour trouver le maître à penser du « tireur fou », il ne faut pas chercher bien loin.
 Peut-être d’ailleurs se sont-ils croisés en prison.
Jean-Marc Rouil­lan y a passé plus de vingt ans pour l’ensemble de son œuvre criminelle à la tête du mouvement terroriste Action directe.
En 2011, il est sor­ti.
 Et depuis, l’assassin pontifie.
 Toujours d’ultra gauche lui aussi.
 Tou­jours libertaire.
Ne regrettant rien et n’incitant pas clairement les révolutionnaires à l’action – il n’a pas le droit… – mais rappelant en continu que « la lutte armée est nécessaire à un moment du processus révolutionnaire ».
 Le tout est de savoir si c’est le bon moment…
Sur Twitter, comme autrefois on causait en assemblée générale, Jean-Marc Rouillan dit très exactement la même chose qu’Abdelhakim Dekhar.
 A savoir que le fascisme est là et qu’il faut le combattre.
 Car le fascisme, dans la pensée de Rouillan comme dans celle de Dekhar, c’est la « bourgeoisie », ceux qui détiennent l’outil productif et leurs complices (ou leurs valets) : les médias.
 La « bourgeoisie fasciste » n’est pas fasciste parce qu’el­le est de droite : elle est fasciste parce qu’elle est bourgeoise, qu’elle soit « bleue ou rose ».
Le 30 septembre dernier, Jean-Marc Rouillan regarde « Mots croisés », sur France 2. Sur le plateau se trouvent Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des Person­nes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, Henri Guaino, député UMP des Yvelines, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.
 Dominique Voynet, maire écolo de Montreuil, Gilbert Collard, député Ras­semblement Bleu Marine du Gard, et Laurent El Ghozi, cofondateur du collectif RomEurope. Commentaire de l’ancien chef d’Action directe, 61 ans : « Réunion de bourgeois fascistes sur le plateau de Mots croisés. »

 Puis : « Gardez à l’esprit que cette vermine télévisuelle vous paupérise depuis longtemps. Elle sait de quoi elle parle en matière de pauvreté. »

La bourgeoisie est « fasciste » par définition

Abdelhakim Dekhar a peut-être des problèmes psychologiques mais son discours n’est pas « confus ».
 Il s’inscrit dans un courant de pensée, le communisme libertaire ou anarcho-communisme qui s’est développé en Europe au milieu du XIXe siècle, a fail­li mourir sous les coups du stalinisme, a survécu, a connu un regain en Fran­ce dans les années 1960 et ressurgit de temps à autre sous la forme terroriste, des premières actions armées de Jean-Marc Rouillan dans les années 1970 à Abdelhakim Dekhar plus de quarante ans plus tard en passant par la sanglante épopée d’Action directe.
Tiers monde, banlieues françaises, immigrés, détenus : tous sont victi­mes, dans cette vision du monde, de cette « bourgeoisie fasciste » – fasciste par essence et par opposition au prolétaire, celui qui, dans le vocabulaire marxiste, n’a pour seul bien que sa for­ce de travail.
 La première exploite et asservit le second qui ne peut se défaire de cette emprise que par un processus révolutionnaire qui doit viser non seulement la bourgeoisie fasciste mais aussi tous les piliers de son pouvoir, dont les banques bien sûr mais aussi les « médias complices ».
Christophe Barbier disait, le 23 no­vembre sur France Inter : « Ça fait deux ans que Jean-Luc Mélenchon injurie les journalistes, il ne faut pas s’étonner s’il y a des attaques contre les journalistes. »
 Certes mais le directeur de la rédaction de « L’Express » maîtrise mal les subtilités entre extrême gauche et ultra gauche.
 Pour l’extrê­me gauche, la violence n’est légitime que dans un cadre précis, organisé, jusqu’à ce que les organisations sifflent la fin de la récréation. C’est mê­me pour cela que, pour l’ultra gauche, l’extrême gauche demeure un ennemi au même titre que la bourgeoisie, qu’el­le sert « objectivement ».
Cela ne veut pas dire que certains discours de l’extrême gauche, trotskyste en France pour l’essentiel, n’ont pas d’effet (voir ci-contre).
 Cela signifie simplement que la tentative d’ad­hésion de Jean-Marc Rouillan au Nou­veau Parti anticapitaliste de Philippe Poutou n’avait pas d’autre sens que celui d’un « coup médiatique » avec l’espoir, peut-être, sinon d’influer sur la ligne, du moins de repérer et de récupérer quelques éléments prêts à mener une lutte véritablement radicale.

Au lieu de faire silence sur les motivations d’Abdelhakim Dekhar et de le réduire à la folie, nos confrères – et surtout nos services de renseignements – feraient bien de se pencher sur cette mouvance idéologique qui a tué et qui tuera encore. 

Marc Bertric

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