jeudi 31 octobre 2013

Otages, une rançon de + de 20 millions d’euros aurait été versée.

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Une rançon de plus de 20 millions d’euros aurait été versée aux ravisseurs des otages d’Arlit.
 
L’on ne peut que se réjouir du retour en France des 4 ressortissants français retenus en otage pendant plus de 1.000 jours par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), c’est à dire depuis leur enlèvement, le 16 septembre 2010, à Arlit, au Niger.
 
Ce jour-là, 7 employés des groupes Areva et Satom (filiale de Vinci) furent kidnappés par un groupe armé.
 
Très vite, AQMI revendiqua cette opération, qui, semble-t-il, bénéficia de complicités internes.
 Le 27 octobre suivant, l’opération fut justifiée par Oussama Ben Laden, l’ex-chef d’al-Qaïda, lequel exigea alors le retrait des forces françaises d’Afghanistan.
 
Dans le même temps, des réseaux de négociateurs furent activés pour tenter d’obtenir la libération des otages, alors aux mains d’Abou Zeid, le chef d’une des katibas d’AQMI.
En février 2011, ces efforts portèrent leurs fruits, avec la libération de la française François Larribe [?] et deux autres employés d’Arlit, de nationalité malgache et togolaise.
 Les dessous des tractations qui amenèrent cette heureuse conclusion ne sont pas encore totalement éclaircis.
 Une source nigérienne avait affirmé à l’époque qu’une rançon fut versée, ce que nia Areva et que ne commentèrent pas les autorités françaises…
 
Par la suite, plusieurs tentatives de négociations échouèrent.

 Pour plusieurs raisons.
 L’un d’entre elles fut causée par la présence de deux équipes de négociateurs différentes, ce qui eut pour conséquence de brouiller le message.
 Et puis le coup d’Etat de mars 2012 au Mali n’arrangea évidemment pas les choses.
L’opération militaire française Serval, lancée pour stopper les jihadistes qui faisaient mine de marcher vers Bamako pouvait nourrir l’espoir de retrouver les otages ou faire craindre leur mort en guise de représailles. Il n’en aura donc finalement rien été.
 
Alors, dans quelles conditions les otages ont-ils été libérés, sachant que, la semaine passée, des sources sécuritaires maliennes et nigériennes ont évoqué une “accélération” des négociations afin d’obtenir la libération des 4 Français, avec notamment la présence – démentie par Paris – de deux intermédiaires (dont l’ex ministre nigérien Mohamed Akotey) sur place?
 
Interrogé le 29 octobre, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a assuré qu’il n’y avait pas eu d’assaut et démenti tout versement de contreparties financières.
“On ne joue pas à ce jeu là”, a-t-il dit à l’antenne de TF1 “Il y a eu une initiative prise par les réseaux du président (nigérien) Issoufou qui a permis une libération sans heurt”.
 
Même chose du côté, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, lequel a insisté sur le fait que la France “ne payait pas de rançon”.
 
Seulement, ce n’est pas ce que révèlent les informations du quotidien “Le Monde”, qui donne les détails de l’opération ayant abouti à cet heureux dénouement.
Premier point : en mai, alors que l’opération Serval baisse en intensité, le dossier est repris en main par le ministère de la Défense.
En ont alors été écartés le colonel Gadoullet, un ancien de la DGSE déjà intervenu dans cette affaire , ainsi que les groupes employeurs des 4 otages.
La solution retenue passe par Pierre-Antoine Lorenzi, président de la société de sécurité Amarante et proche de Cédric Lewandowski, le directeur de cabinet de M. Le Drian.
Pourquoi ce choix ?
Parce que M. Lorenzi travaille avec Mohamed Akotey, lui-même proche du chef de l’Etat nigérien et président du conseil d’administration d’Imouraren SA, la filiale d’Areva au Niger.
Or, il se trouve qu’il était un “intermédiaire privilégié”, écrit Le Monde, d’Abou Zeïd. Et cela, jusqu’à la mort de ce dernier, tué par une frappe française dans l’Adrar des Ifoghas (Nord-Mali). Apparemment, l’ancien ministre nigérien aurait pu garder des contacts avec les anciens lieutenants du chef terroriste, notamment avec un certain Choureb.
Quoi qu’il en soit, et malgré, apparemment, les réticences de Bernard Bajolet, le directeur de la DGSE, à verser une rançon aux ravisseurs, conformément d’ailleurs à la ligne fixée par le président Hollande à ce sujet, un accord a ainsi pu être trouvé.
 
Toujours selon Le Monde, qui s’appuie sur des sources proches du renseignement français, une équipe de 18 personnes, composée de français et de touareg, est partie de Kidal, le 21 octobre, pour rejoindre une zone près des frontières mauritanienne et algérienne, à l’extrême-nord du Mali.
 
Si cette petite équipe est partie chercher les otages sans matériels de communication afin d’éviter de se faire repérer, elle a revanche emporté avec elle au moins 20 millions d’euros pour payer les ravisseurs.
 
Du moins, c’est qu’a affirmé, au Monde, une “une source française connaissant les détails de cette opération”.
 
Le quotidien ajoute que “l’argent a été prélevé sur les fonds secrets alloués aux services de renseignement et qu’il été acheminé “par la DGSE jusqu’à Kidal” avant d’être remis “à Mohamed Akotey et aux hommes d’Amarante. Les services français apportent la logistique (voitures, armes, hélicoptères, avion). Amarante fournit les contacts locaux”.
 
Le versement d’une rançon de 20 à 25 millions d’euros en échange de la libération des 4 otages enlevés à Arlit a été confirmé à l’AFP, par une source proche des négociateurs nigériens.
Cette somme a “servi à payer les ravisseurs ainsi que les intermédiaires”, a-t-elle ajouté, sans toutefois être en mesure de préciser d’où venait cet argent.

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