mardi 29 octobre 2013

Aide médicale d’État : le député Goasguen (UMP) bataille pour obtenir les chiffres.

28/10/2013


Le député UMP Claude Goasguen, rapporteur spécial de la commission des finances, chargé de l’Aide médicale d’État (AME), ne décolère pas.

 Las de demander à l’assurance-maladie et au cabinet de Marisol Touraine les chiffres du nombre de bénéficiaires du dispositif et de son coût, il s’est rendu en personne mercredi 23 octobre au ministère de la Santé pour tenter de les obtenir, en vertu de ses fonctions de rapporteur spécial.
 « J’ai eu des chiffres très incomplets, ce qui témoigne d’une volonté de ne pas les communiquer. Pourquoi avance-t-on une enveloppe de 600 millions d’euros ? Sur quoi est-elle calculée ? » explique-t-il au « Quotidien ».
Le nombre de bénéficiaires de l’AME s’élève à 220 000 pour les trois premiers mois de 2012, 270 000 pour les trois premiers mois de 2013. « Mais c’est calculé à la petite semaine ! Je m’étais déjà affronté sur ce sujet avec le cabinet de Roselyne Bachelot. Mais au moins on avait des estimations », commente-t-il.

Manque d’anticipation

Claude Goasguen déplore le manque d’anticipation du gouvernement actuel, alors que Mayotte, nouveau département français, devrait faire gonfler le nombre de bénéficiaires de l’AME.
 « J’ai demandé les chiffres pour Mayotte, la Guyane, la Seine-Saint-Denis, et je n’ai eu qu’un silence gêné », affirme-t-il. Le ministère assure de son côté lui avoir « répondu de façon totalement transparente ».
Le député s’inquiète aussi de l’enveloppe consacrée aux crédits d’urgence pour les étrangers en situation irrégulière entrés sur le territoire il y a moins de 3 mois.
 Celle-ci est passée de 40 millions d’euros, dans la loi de finances de 2013, à 120 millions d’euros prévus pour 2014.
 
Auteur d’un rapport en 2011 sur l’AME, Claude Goasguen exclut sa suppression.

« Elle répond à un besoin, mais il faudrait la limiter aux urgences, à la prophylaxie, aux grossesses et à l’enfance ».
Il persiste et signe encore les conclusions qu’il tirait il y a deux ans.
 « L’AME est mal pilotée, mal contrôlée.
Elle est gérée sur une base basse pour avoir davantage de crédits lors de la loi de financement rectificative.
 C’est un mécanisme incitatif vicieux » dénonce-t-il, avant de proposer une enveloppe fixe, et une caisse unique de gestion.
 
Claude Goasguen envisage déjà une prochaine visite avenue de Ségur.
 

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