lundi 30 septembre 2013

Roms: Ils utilisaient leurs enfants pour cambrioler.

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 Ils forçaient leurs enfants à commettre des cambriolages en série en France, en Belgique et en Allemagne. (photo: AFP)
 
        NANCY - Le procès de 27 membres d'un clan de Roms basés dans l'Est de la France, qui forçaient leurs enfants à cambrioler en France, en Belgique et en Allemagne, s'ouvre lundi à Nancy.

Vingt-sept personnes, issues de trois familles roms originaires de Croatie, comparaîtront devant le tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs et complicité dans une centaine de vols, commis par leurs enfants, âgés d'une dizaine d'années.
Plusieurs des suspects sont également poursuivis pour traite d'êtres humains, après que l'enquête a mis en évidence des transactions entre familles, où certains enfants étaient «prêtés» pour environ 100 000 euros.

La défense conteste toutefois la qualification, et soutient qu'il s'agissait d'une dot, dans le cadre de mariages, selon la coutume de ces familles.
 Les suspects encourent 10 ans d'emprisonnement.
«J'espère qu'il n'y aura pas de stigmatisation judiciaire comme il y a actuellement une stigmatisation politique» à l'encontre des Roms, a commenté l'avocat d'un couple présenté comme l'un des chefs de clan, Me Alain Behr.

Une centaine de faits

L'enquête avait commencé début 2011, après une tentative de cambriolage dans la région de Saverne (Bas-Rhin), lorsqu'un véhicule avait été repéré en train de quitter précipitamment une scène de vol.
 L'Est de la France était alors en proie depuis plusieurs mois à de nombreux cambriolages non élucidés, d'après un mode opératoire similaire, en l'absence des propriétaires des maisons visitées, généralement de jour.
 Quelque 200 gendarmes avaient été mobilisés pendant plusieurs mois pour remonter le réseau, des opérateurs aux coordinateurs, avant plusieurs vagues d'arrestations en septembre 2011, en Alsace et en Lorraine.
Une centaine de faits ont été répertoriés par les enquêteurs, dans l'Est de la France, la vallée du Rhône, à Paris, en Belgique et en Allemagne.
L'instruction a mis au jour «des équipes à tiroirs» et «une organisation pyramidale», dont les enfants étaient mis au travail dès l'âge de 11 ans, a indiqué Grégory Weil, vice-procureur de la juridiction inter-régionale spécialisée de Nancy, en charge du dossier.

Des villas en marbre en Croatie

Selon l'accusation, les trois familles étaient chacune dirigées par un couple de commanditaires, fixes, pendant que des intermédiaires transportaient les enfants sur les lieux des cambriolages.
 Deux receleurs, qui revendaient les bijoux dérobés à des sociétés commerciales, ont été identifiés par les enquêteurs, l'un en France, l'autre en Allemagne. Le préjudice est estimé à plusieurs millions d'euros.
 Les suspects entretenaient un train de vie luxueux, notamment en Croatie, à Slavonski-Brod, où une perquisition menée sur commission rogatoire internationale a permis de découvrir des demeures «de grande qualité, parfois tout en marbre», a décrit Grégory Weil.
La poursuite de l'enquête dans les Balkans a par ailleurs permis d'identifier la tête de réseau présumée, une femme de 66 ans à la tête des trois familles, qui s'occupait notamment de la logistique du réseau.
 Elle a été interpellée au lendemain de l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne, le 2 juillet, grâce à un mandat d'arrêt européen.
 Placée en détention provisoire en France, elle sera jugée ultérieurement.

 Le procès, au cours duquel doivent défiler de nombreux enquêteurs et témoins, doit durer jusqu'au 15 octobre.

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