mardi 24 septembre 2013

Le Premier ministre offre une conseillère à sa femme : jusqu'à quand les contribuables vont-ils payer les frais engendrés par quelqu’un qu’ils n'ont pas choisi ?

Publié le 24 septembre 2013
Matignon embauche une conseillère pour l’épouse de Jean-Marc Ayrault. La preuve que c’est surtout lui qui a besoin d’aide pour gérer sa communication.
 
Et c’est reparti pour un tour ! Avec l’embauche par Jean-Marc Ayrault d’une conseillère en communication destinée à accompagner sa femme, voilà relancée la polémique sur la légitimité de faire payer par les deniers publics les faux frais des premières dames et, en l’occurrence, des premières dauphines…
 
Pour la première fois, l’épouse d’un Premier ministre va en effet bénéficier d’un privilège jusqu’à présent réservé aux seules femmes des présidents de la République, en se voyant octroyé les services de Nathalie Puvilland, qui quitte le cabinet du ministère de l’Outre-mer pour rejoindre Matignon comme chargée de mission.


 Cette jeune sociologue de trente-deux ans, émoulue du Club XXIème siècle (une association qui œuvre à la promotion de la diversité), aura en charge d’assister Brigitte Ayrault dans le cadre des évènements protocolaires auxquels elle se doit de faire bonne figure, à l’instar de ceux auxquels elle a participé ces dernières semaines, comme la Fête de la Rose en Loire-Atlantique ou à l’Université d'été du PS à La Rochelle.
 Elle pourra également profiter de cette aide dans le cadre de ses activités « d’ambassadrice de la Mobilisation nationale contre l’isolement des personnes âgées » ou de  « marraine de la maison des adolescents de Nantes »…
Rue de Varenne, on rappelle à juste titre que toutes les femmes de Premiers ministres ont toujours eu droit à un secrétariat dédié, notamment pour gérer les appels téléphoniques adressés à Madame.

 Mais pas plus à Matignon qu’à l’Elysée, l’habitude et l’usage n’effacent le fait que la rémunération par l’argent public des équipes et des frais de la compagne (ou du compagnon) en poste reste totalement injustifiable.
 
Je ne veux pas ici entrer dans la polémique qui reproche à Valérie Trierweiller de ne pas être l’épouse légitime de François Hollande. Pour tout dire, je trouve assez sain à notre époque que le chef de l’Etat puisse avoir une vie personnelle à l’image de celle de millions de ses concitoyens, avec son lot de bonheurs et d’échecs, de recomposition familiale et, somme toute, illustrant la variété de façons que les Français peuvent avoir aujourd’hui de vivre en couple.

Le problème est autre. D’abord que le principe même de première dame est en totale contradiction avec notre tradition républicaine qui veut que le peuple élit à une fonction publique un homme (ou une femme), et non sa famille, son réseau, son clan…
 
Ensuite que rien ne peut légitimer que le contribuable ait à payer de sa poche les frais engendrés par quelqu’un qu’il n’a pas choisi et désigné.
 Et dans le cas de Brigitte Ayrault – ce n’est en rien une critique, bien au contraire – qu’il ne connait même pas !
Avec cette embauche au bénéfice de sa femme, le message que Jean-Marc Ayrault adresse aux Français à qui il demande toujours davantage d’efforts (à propos c’est quand, pour finir, la pause fiscale ?), et même à ses propres ministres dont il a exigé qu’ils limitent le nombre de collaborateurs dans les cabinets, est proprement désastreux.

Le Premier ministre prouve qu’il ignore le principe d’exemplarité.

 Il démontre une fois de plus que c’est surtout lui qui a besoin d’un nouveau conseiller en communication.

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