dimanche 22 septembre 2013

Attaque islamiste au Kenya : au moins 39 morts et 150 blessés.

Bossut et Rahim Bellem |
                     Publié le 21.09.2013, 14h07 | Mise à jour : 22.09.2013, 00h08

Nairobi (Kenya), samedi. L'attaque d'un commando armé de fusils d'assaut et de grenades dans un centre commercial de la capitale a fait au moins 39 morts et 150 blessés.

Nairobi (Kenya), samedi. L'attaque d'un commando armé de fusils d'assaut et de grenades dans un centre commercial de la capitale a fait au moins 39 morts et 150 blessés.

AFP/Tony Karumba

 Deux Françaises ont été tuées dans l'attaque terroriste en à Nairobi au Kenya, a annoncé ce samedi soir l'Elysée dans un communiqué, faisant part de la «totale solidarité» du avec les autorités kényanes. «Le président de la République condamne avec la plus grande fermeté ce lâche attentat et il partage la douleur de la famille de nos compatriotes», ajoute le communiqué.
L'attaque meurtrière menée par un commando armé dans un centre commercial huppé de Nairobi, la capitale du Kenya, a été revendiquée par les combattants islamistes somaliens al-chebab sur leur compte Twitter. Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, a déclaré que les terroristes «ont tué 39 innocents». Le nombre de blessés est estimé, provisoirement, à 150.


Le bureau de presse de l'organisation terroriste souligne que «HSM (NDLR : Harakat al-Shabaab al-Mujahideen) a averti à plusieurs reprises le gouvernement kenyan que le maintien de ses troupes en Somalie aurait des conséquences graves».


Les insurgés expliquent que «l'attaque à # WestgateMall est un tout petit aperçu de ce que les musulmans subissent dans la Somalie aux mains des envahisseurs kenyans».

«Seuls les infidèles ont été tués», se sont félicités les shebab : «tous les musulmans présents sur place» ont été «escortés hors du centre par nos moujahidines».

Proche du siège local des Nations unies, ce centre commercial était régulièrement cité par les sociétés de sécurité comme une cible possible de groupes liés à Al-Qaïda, tels les insurgés somaliens al-chebab, qui ont souvent menacé de mener des attaques sur le territoire kényan à cause du soutien militaire de Nairobi au gouvernement somalien.

L'armée kényane est entrée en Somalie en 2011 et se maintient depuis dans le sud du pays, dans le cadre d'une force africaine soutenant le gouvernement somalien qui a infligé de nombreuses défaites aux islamistes.

Sur place, dans le centre commercial, les forces de sécurité kényanes affirment être sur le point de venir à bout des terroristes. «Les assaillants ont été isolés et encerclés dans un secteur de l'un des étages. Le reste du centre commercial semble sécurisé», a indiqué une source sécuritaire, alors que l'opération se poursuivait dans la soirée ce samedi.

Le président kenyan a déclaré, sur un ton martial : «Nous allons traquer les auteurs, nous allons les chercher, et nous allons les punir pour ce crime odieux.»

Mais de son côté, le responsable de la communication des insurgés indiquait sur le compte Twitter de l'organisation, à 20h32, que les Moudjahidins à l'intérieur de #Westgate Mall sont toujours en train de combattre et sont toujours forts».

Huit à dix hommes masqués, vêtus de noir, armés de grenades et de fusils d'assaut AK-47, ont ouvert le feu ce samedi midi sur les clients et le personnel du centre commercial de luxe à Nairobi, tuant au moins 39 personnes, en blessant des dizaines d'autres et prenant sept otages.

Un nombre indéterminé de ressortissants des Etats-Unis ont été blessés dans l'attaque a annoncé le département d'Etat américain, qui a condamné un «acte de violence insensé». L'ambassade américaine au Kenya, qui a été mobilisée pour leur venir en aide, est «également en contact avec les autorités locales et a offert son assistance», précise le département d'Etat.

Des Britanniques figurent «sans aucun doute» parmi les victimes de l'attentat selon le chef de la diplomatie du Royaume-Uni, William Hague.

Un suspect blessé et arrêté

La police a indiqué qu'un suspect blessé dans la fusillade a été arrêté et évacué à l'hôpital sous escorte armée. «C'est un suspect et il est traité comme tel. Il a été emmené à l'hôpital et restera sous surveillance pour être interrogé», a dit une source policière. Mais l'homme ne pourra rien révéler. Selon la chaîne de télévision NTV Kenya, «le combattant a succombé à ses blessures par balles».




Des soldats kényans et des unités d'élite sont venus soutenir la police dans les premières heures de l'assaut. Des soldats étaient visibles autour du bâtiment de quatre étages, survolé par des hélicoptères de la police et de l'armée. «Nous sommes dans le processus de sécurisation du bâtiment, magasin après magasin, et d'évacuation des personnes» piégées à l'intérieur depuis le début de l'attaque, a expliqué une source sécuritaire.

Une scène de guerre

Selon un témoin, les assaillants ont «exécuté» des clients et parlent une langue étrangère, peut-être l'arabe ou le somali. Mais, a-t-il ajouté, «je n'en suis pas sûr car je ne parle pas ces langues». Des hommes et des femmes terrifiés, certains tenant des enfants dans les bras, fuyaient la zone en courant, certains étaient blessés. D'autres rampaient le long de murs pour éviter les balles perdues. Plusieurs voitures constellées d'impacts de balles étaient abandonnées çà et là.

VIDEO. Kenya : une fusillade dans un centre commercial de Nairobi fait au moins trente morts



VIDEO. Kenya : un témoin raconte l'assaut



De nombreux véhicules de police et des ambulances encerclaient le «Westgate Mall», fréquenté par les riches Kényans et les expatriés. Ce centre commercial, ouvert en 2007, compte des restaurants, des cafés, des banques, un grand supermarché et un cinéma multiplexe qui attirent des milliers de personnes chaque jour.

«Les hommes armés ont tenté de me tirer dans la tête»

Sudjar Singh, qui travaille dans le centre, a réchappé de justesse aux agresseurs. «Les hommes armés ont tenté de me tirer dans la tête mais ils m'ont manqué. Au moins 50 personnes ont été touchées» par des balles, a-t-il déclaré. «J'ai vu un petit garçon évacué sur un caddie, il devait avoir cinq ou six ans. Il avait l'air mort», a-t-il ajouté. Annette, une autre survivante, raconte avoir «vu trois des attaquants vêtus de noir, les visages masqués, et ils avaient de gros fusils».

Kenneth Kerich faisait ses courses lorsque l'attaque a commencé. «Soudain j'ai entendu des coups de feu et tout le monde s'est mis à courir. Je me suis allongé au sol. J'ai vu deux personnes tomber et saigner, je pense qu'elles ont été touchées par des balles, a-t-il dit. Au départ nous pensions que c'était la police qui affrontait des voleurs. Mais nous n'avons pas pu nous enfuir avant que les policiers n'entrent (dans le centre commercial), tirent en l'air et nous disent de sortir».

Une cliente sortie du centre a indiqué y avoir passé six heures à se cacher avant d'être secourue. «J'étais dans un café lorsque j'ai entendu des coups de feu et des explosions. Ensuite j'ai couru pour me cacher dans un magasin. J'ai passé six heures là-dedans», a raconté cette femme.

VIDEO. Scènes de terreur aux abords du centre commercial




Un centre commercial huppé
Les assaillants, dont certains s'exprimaient en arabe ou en somali selon des témoins, ont fait irruption à la mi-journée dans le centre commercial «Westgate Mall», au milieu des familles faisant leurs courses et des badauds attablés aux terrasses de cafés.

Les assaillants ont ouvert le feu à l'arme automatique et à la grenade sur la foule cosmopolite — Africains, Indiens et Occidentaux — des clients et le personnel du centre.

Le "Westgate Mall" est un labyrinthe de boutiques en tout genre, où il est aisé de se cacher ou de se retrancher. Riches Kényans et expatriés aiment à venir pendant les week-end y faire du shopping, flâner en famille ou se restaurer.





Ban Ki-Moon a contacté le président kényan
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon suit avec beaucoup d'inquiétude l'attentat de Nairobi et a contacté le président kényan, a annoncé ce samedi son porte-parole Martin Nesirky. «Le secrétaire général suit de près et avec une grande inquiétude l'attaque contre un centre commercial à Nairobi, a-t-il déclaré. Il a parlé au président Uhuru Kenyatta et a exprimé sa préoccupation et sa solidarité».

Le siège local des Nations unies est proche de ce centre commercial.


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