dimanche 28 juillet 2013

Roubaix - Tourcoing: coup de chaud dans les quartiers

          
Publié le 27/07/2013
 
Depuis début juillet, quatre policiers de la ZSP de Roubaix-Tourcoing ont été blessés lors de caillassages.
 

Les principaux incidents se sont déroulés place des Trois-Ponts, à Roubaix.

LOCVDN
 
Les fortes chaleurs semblent légèrement échauffer les esprits dans la zone de sécurité prioritaire Roubaix-Tourcoing. À chaque fois, le scénario est identique : une intervention de police dans un quartier (tentative d’interpellation voire simple contrôle routier) et, pour une raison indéterminée, le calme précaire disparaît et les policiers se retrouvent confrontés à une vingtaine d’émeutiers.

Ces derniers jours, les incidents se multiplient aussi bien à Roubaix qu’à Tourcoing. Quatre policiers ont été blessés lors d’interventions en moins de 15 jours.
« Nos collègues sur le terrain sont actuellement confrontés à des groupes d’individus qui viennent clairement à leur contact pour en découdre »
, s’étonne Olivier Berton. Le responsable zonal du syndicat Alliance ne va pas par quatre chemins pour décrire la réalité du terrain : « Certains individus sont dans une logique d’affrontement avec les policiers. Il est clair que notre présence les dérange mais il ne peut pas y avoir de zones de non-droit ». Les Trois-Ponts, au début et milieu du mois. Le Pont-Rompu puis la Bourgogne, cette semaine. « C’est à croire qu’ils se sont donné le mot », lâche un policier sous le sceau de l’anonymat qui s’inquiète d’un risque de « surenchère ».

S’il s’agit de ne pas jeter l’anathème sur tel ou tel quartier et encore moins de mettre de l’huile sur le feu, il convient néanmoins de constater que ces incidents interviennent après toute une série d’incivilités, à la Bourgogne et, quelques jours auparavant, au Pont Rompu. Lundi dernier, la passagère d’un bus Transpole était blessée par un éclat de verre. Le car venait d’être la cible d’un jet de pierres.

Autre exemple, le week-end dernier. Les pompiers sont intervenus à plusieurs reprises pour refermer des bouches d’incendie ouvertes pas des « jeunes » du quartier, lors du pic de chaleur. Un jeu d’enfant ? Le bémol, c’est que les soldats du feu ont également essuyé des jets de cailloux. « Pour eux, ce sont des jeux, lâche un habitant. Ils ne se rendent pas compte qu’il s’agit d’infractions punies par la loi. Ces incidents sont le fait d’une quinzaine d’individus, tout au plus. Il ne faut pas faire d’amalgames avec le quartier dans son ensemble ».

L’interpellation
se passe mal

Quartier de la Bourgogne, mercredi soir. Vers 23h30, un équipage de la brigade anticriminalité tente d’interpeller un habitant du quartier qui fait l’objet d’une fiche d’écrou suite à une condamnation à un mois de prison ferme pour des violences sans ITT. « Venez, ils vont me prendre » :l’homme âgé de 37 ans rameute d’autres habitants et un attroupement se forme.
 Les policiers réussissent à se dégager avec le gaz, interpellent l’individu. Une fois dans la voiture, les fonctionnaires essuient des jets de pierre. L’un d’eux sera blessé au doigt par un éclat de verre.

Preuve du fossé qui existe entre les forces de l’ordre et certains jeunes du quartier : « Ils font courir le bruit dans le quartier de la Bougogne qu’ils ont bousillé un bacqueux », dit une source policière. Une version totalement battue en brèche par le commissariat de police de Tourcoing.

Ceci dit, le véhicule de service est particulièrement endommagé avec, notamment, le pare-brise fendu et une vitre arrière brisée. Des renforts, du gaz lacrymogène et un tir de flash-ball seront nécessaires pour calmer les esprits. Une enquête a été ouverte pour tenter d’identifier les auteurs de ces violences. Une tâche délicate.

Dans la foulée de ces « incidents », une compagnie de CRS est venue sécuriser le quartier. « Ils n’ont pas pu se rendre à l’intérieur du quartier parce qu’on avait peur que ça passe pour de la provocation, dénonce le syndicat Alliance. Ils ont dû se poster aux abords, pour contrôler ceux qui entraient ou qui en sortaient ».
Pour autant, la police travaille. Jeudi matin, un habitant du quartier, formellement identifié comme étant un lanceur de projectiles a été interpellé à son domicile.

 Autre interpellation, celle survenue jeudi soir, vers 23h30. Lors d’un passage dans le quartier, une patrouille essuie une bordée d’injures. Le jeune garçon est interpellé. Il a été jugé hier dans le cadre d’une comparution immédiate (voir ci-contre).

Le 11 juillet, c’est le quartier des Trois-Ponts qui connaissait une montée de fièvre. Une patrouille de police est victime d’un guet-apens de la part d’une quinzaine d’individus armés de briques et de parpaings. La veille, un policier avait eu le nez cassé lors d’un contrôle routier. Cinq jours plus tard, un groupe d’une trentaine d’individus n’hésite pas à attaquer les policiers en leur jetant des pierres. Un des fonctionnaires est blessé à la tête. Pour se dégager, les policiers ont dû faire usage de lacrymogène et du flash-ball.

Comment interpréter cette poussée de fièvre ? Est-ce l’effet ZSP ? Depuis plusieurs semaines, les commissariats multiplient les « descentes » et des petits trafics sont démantelés, mettant à mal l’économie souterraine. D’où des tensions. À ceci s’ajoute le désamour d’une certaine population envers les institutions.(sic)

 Puis, selon un observateur avisé, il y a l’effet de la crise économique. « Certains ne travaillent plus. Ils n’ont pas d’argent pour partir en vacances. Ils traînent dans le quartier. Et tout le monde sait que l’oisiveté est mère de tous les vices ».

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