jeudi 27 juin 2013

Ces réactionnaires qui ne se cachent plus…

Photo : cobanene/flickr cc.


Ils sont de droite, on les accuse d'être populistes, voire fascistes, Eric Zemmour, Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Yvan Rioufol ou encore Fabrice Luchini préfèrent parler de « réaction ». Un mot qui a retrouvé une actualité avec José Manuel Barroso qui n'a pas hésité à déclarer, dans le journal International Herald Tribune, à l'égard des Français : « Certains se disent de gauche mais en réalité, ils sont culturellement extrêmement réactionnaires ». Mais qui sont donc ces réactionnaires et comment les définit-on ?

 

La position de la France d'exclure le domaine culturel des négociations de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis a fait réagir violement José Manuel Barroso. « Cela s'inscrit dans le cadre d'une vision antimondialisation que je considère complètement réactionnaire », a expliqué le président de la Commission européenne lors d'une interview parue lundi dans le journal International Herald Tribune. « Certains se disent de gauche mais en réalité, ils sont culturellement extrêmement réactionnaires »
, a-t-il précisé. Mais comment définit-on exactement le fait d’être réactionnaire ? D’où vient ce mot et à quelle occasion est-il utilisé en France ?

Histoire du mot

Selon le dictionnaire, est réactionnaire celui qui est opposé au changement ou qui cherche à restaurer le passé. Le terme s'oppose au progressiste et trouve son origine au cours de la Révolution française de 1789, pour qualifier le mouvement s'opposant aux changements initiés par les révolutionnaires, et voulant revenir à l'Ancien Régime. Dans les faits, le réactionnaire est celui qui qui ne se reconnait pas dans ce que la société propose comme étant le progrès, qui refuse la modernité. Le « réac » ne supporte pas penser comme tout le monde, pour lui la vérité est forcément ailleurs.
Dans le Manifeste du Parti communiste, Karl Marx affirme que les « classes moyennes (…) combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices ; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. » Aujourd’hui cette définition semble avoir quelque peu évoluée…

Journalistes assumés « réacs »

Certains journalistes assument ouvertement leur côté « réactionnaire ». Parmi eux, on retrouve le polémiste Eric Zemmour, Elisabeth Levy (rédactrice en chef du magazine Causeur) ou encore le journaliste au Figaro, Yvan Rioufol qui publiait en janvier 2012 De l'urgence d'être réactionnaire, aux Presses Universitaires de France. « Le citoyen lucide ne doit plus craindre de se revendiquer littéralement réactionnaire, c'est-à-dire de prêter son concours à des réactions politiques destinées à éviter les désastres qu'annoncent les effondrements de l'État-providence et de l'État-nation », écrit-il.
Et d’ajouter : « La France indignée, qui fulmine sur le Web, enjoint aux élites de se réveiller avant qu'il ne soit trop tard. Elle ne désire pas revenir à un ancien monde. Elle entend défendre la modernité et l'humanisme, menacés par l'enseignement de l'oubli et de la non-appartenance. Le réactionnaire du XXIe siècle est un démocrate déçu et de plus en plus irrité, venu de la droite comme de la gauche. »

Réaction ou extrême-droite

Si certains se disent réactionnaires et libéraux comme le polémiste Eric Brunet, d’autres, à force de flirts avec le politiquement incorrect, ont décidé d’afficher clairement leurs idées et de partir en croisade contre toute forme « dictature de la pensée unique », au côté de l’extrême-droite. C’est le cas de Robert Ménard. Ancien journaliste pour i-Télé, RTL et Sud Radio et ancien patron de Reporters sans frontières (RSF), il a choisi de conduire une liste aux municipales à Béziers (Hérault) ouverte au Front national.
« Je suis, sur les questions de société, réactionnaire », avait-il déclaré sans ambages, n’hésitant pas à manifester son opposition à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. En quittant i-Télé, à en 2012, il avait estimé que « le pire ennemi de la liberté de la presse, ce sont les journalistes ! ». Rappeilons aussi qu’en 2011 il demandait à ce que le FN ne soit pas « diabolisé » à travers un livre intitulé Vive Le Pen.(...)

http://www.jolpress.com/reactionnaires-politique-eric-zemmour-elisabeth-levy-robert-menard-yvan-rioufol-fabrice-luchini-article-820361.html

 

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