samedi 29 juin 2013

Alerte au communautarisme à Rennes.

 

Intimidations, prosélytisme, trafic de drogue… Depuis plusieurs mois, des commerçants et riverains du centre commercial Italie, à Rennes, déplorent des pressions et décrivent un climat délétère. Dans le collimateur : une poignée de perturbateurs.
Au centre commercial Italie, dans le quartier rennais du Blosne, le boucher-traiteur a définitivement fermé ses portes fin avril. « Usé par les pressions », le commerçant a vendu ses murs.
 Début juin, dans un local rénové, s’installera une boucherie halal, la deuxième de cet ensemble qui compte une quinzaine d’enseignes.
 
En onze ans d’exploitation, le boucher s’est fait démolir sa vitrine une dizaine de fois. Pourquoi ?
 
« Parce que j’avais le malheur de vendre du porc ! »
 
, assure Jérôme. Il y a quelques années, une inscription d’une cinquantaine de centimètres a été gravée au couteau sur la porte en bois de son arrière-boutique : « A mort les porcs, on vous saignera. »

« Comme les fois précédentes, j’ai déposé plainte au commissariat. Comme les fois précédentes, les policiers ont refusé de se déplacer pour constater. Je suis amer. »
 
Selon le quadragénaire, les intimidations sont allées jusqu’aux menaces physiques. « Il y a trois ans, un soir, une dizaine de voyous est entrée dans ma boutique. Ils m’ont dit que si le lendemain, vendredi, je faisais cuire des galettes-saucisses dehors, comme c’était la tradition depuis toujours, ça se passerait très mal.
 
 Du coup, j’ai arrêté de faire des galettes-saucisses le vendredi, jour de prière chez les musulmans. Je les ai faites le samedi en fin de matinée, quand les perturbateurs de ce quartier dorment encore. »
 
Choqués par ce qu’ils considèrent comme des actes « racistes », des habitants ont fait circuler une pétition pour dénoncer ces agissements et témoigner leur solidarité au boucher. Plusieurs centaines de signatures ont été récoltées.
« Rien n’a changé, confie pudiquement Jérôme. J’ai essayé de résister, mais je me suis lassé. Aujourd’hui, je quitte le navire. Pourtant, mon commerce marchait bien. »

Dans le quartier, les mésaventures du boucher sont connues de tous. D’autant qu’elles ne semblent pas isolées.
 
 Patron de l’épicerie halal voisine, Abdalah est installé à Italie depuis quelques mois seulement. Le jeune homme raconte qu’à plusieurs reprises, des personnes lui ont demandé de stopper la vente d’alcool. « J’ai changé mes bouteilles de place, mais j’ai tenu bon. C’est passé. Aujourd’hui, il n’y a pas d’hostilité. » Pharmacienne sur place depuis neuf années, Anne décrypte : « Il n’y a pas de problème d’insécurité ici. C’est assez calme. Mais il y a de l’intolérance. Chose que l’on ne voyait pas auparavant. »

http://www.rennes.lemensuel.com/actualite/article/2013/06/28/alerte-au-communautarisme-a-italie-14647.html

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